”Lubitsch était un prince” François Truffaut

A nouveau un programme riche dans sa diversité proposant treize sorties nationales pour les cinq semaines à venir : pour les spectateurs qui voudront voir tous les nouveaux films à l’affiche, l’agenda va s’avérer dur à gérer. Sans compter les films de patrimoine à revoir impérativement sur grand écran…

Dès la première semaine, le très attendu Ma vie avec John F. Donovan, le dernier film de Xavier Dolan qu’il a tourné aux USA. Comme ses compatriotes Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Dallas Buyers Club) ou Denis Villeneuve (Incendies, Sicario, Blade Runner 2049), le jeune prodige réalise à son tour son film hollywoodien.

La même semaine, des découvertes comme Rosie Davis du réalisateur irlandais Paddy Breathnach. Rosie Davis est une de ces Invisibles qui s’acharne à se battre, en digne héritière des héroïnes de Ken Loach, pour ne pas sombrer, avec ses quatre gosses et son mari, dans la tempête
sociale.

Ou encore, Les Témoins de Lendsdorf de Amichai Greenberg, prix du jury du Festival du Film d’Histoire de Pessac 2018. A partir de faits historiques (le massacre de Rechnitz en Autriche), Amichai Greenberg pose, avec acuité et force, la question de l’imbrication de l’identité personnelle, toujours composite, avec la construction, forcément imaginaire, des identités collectives. Questionnement posé bien au-delà des frontières d’Israël !

Aux côtés de ces nouveautés, des films de patrimoine. En effet, le cinéma ne saurait abdiquer devant la logique du flux imposée par les télévisions qui assurent aujourd’hui l’essentiel de la promotion des films. Cette logique met en place une saturation de l’événement qui démode automatiquement l’événement mis en avant précédemment. L’info tue l’info et le film de la semaine tue celui de la précédente devenu un « vieux » film… La vie commerciale des films tend à se réduire drastiquement : quelques semaines au plus pour la plupart. Et, faute d’éducation au cinéma, de plus en plus de spectateurs ne connaissent que les films qui leur sont contemporains.

Le Royal participe au festival Play-it again organisé par l’Agence pour le Développement Régional du Cinéma en proposant : Les contes merveilleux (des courts métrages d’animation de Ray Harryhausen réalisés entre 1946 et 1953), Yentl le premier film de Barbara Streisand et Embrasse-moi, idiot ! de Billy Wilder. Ce dernier sera précédé d’une présentation de l’oeuvre de Billy Wilder qui considérait Ernst Lubitsch comme son seul « dieu ». Dans son bureau où il travaillait à l’écriture de ses films avec ses complices Charles Brackett puis I.A.L. Diamond, il avait écrit en gros : « Comment Lubitsch l’aurait-il fait ? » Avec un film de référence chaque semaine, notre mini festival effectuera un panoramique rapide mais indispensable sur l’oeuvre du génial réalisateurberlinois : à ne rater sous aucun prétexte.

Jean-Marie Tixier
Président de l’association Version Originale

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