Février 2019

La chute de l’empire américain ?

Revoir Le déclin de l’empire américain (1986) et Les invasions barbares (2002) montre bien que Denys Arcand aime porter la caméra dans la plaie d’une manière fort réjouissante : il est même parvenu à réaliser un happy-end avec le suicide de Rémy (Rémy Girard), le personnage principal de ses invasions barbares. La Chute de l’empire américain clôt sa trilogie et sera au Royal dès le 20 février. Coïncidence opportune, le rapport annuel d’Oxfam montre que les vingt-six personnes les plus riches détiennent un patrimoine équivalent à celui de la moitié de l’humanité (AFP du 20 janvier 2019). Un joli coup de pub pour la comédie anticapitaliste et insolente de l’ami québécois ?

Mais en attendant, nous aurons un grand nombre de sorties nationales et, comme d’habitude (depuis que notre programmation est assurée par un professionnel), susceptibles de répondre aux attentes de tous les publics : une salle municipale se doit de satisfaire le plus grand nombre sans toutefois altérer sa vocation culturelle.

Nous proposerons des comédies dès début février avec Un coup de maître, un film argentin de Gastón Duprat et La dernière folie de Claire Darling de Julie Bertuccelli que nous avons pu découvrir en avant-première le dimanche 3 février.

Toujours dès la première semaine, Antoine Raimbault, avec Une intime conviction, reprend les procès très médiatisés du professeur de droit public de l’université de Toulouse. Accusé d’avoir tué sa femme mais acquitté à deux reprises, Jacques Viguier est également un fin connaisseur du cinéma américain. Appréciera-t-il pour autant ce film de prétoire et la prestation de Laurent Lucas chargé de l’incarner à l’écran quand Olivier Gourmet joue son avocat, Eric Dupond-Moretti ?

Sur un registre encore plus dramatique, Le silence des autres, un documentaire de Robert Bahar et Almudena Carracedo, revient sur les crimes commis par les nationalistes durant et après la guerre civile en Espagne, crimes occultés pour permettre une transition pacifique. Grâce à dieu de François Ozon, évoque les enfants victimes de prêtres pédophiles et le silence coupable de l’institution. Avec leurs points de vue différents, ces films montrent la nécessité impérieuse de la prise de parole afin que les mémoires meurtries puissent être prises en compte et que les victimes et leurs proches puissent faire leur deuil…

Enfin avec Marie Stuart, reine d’Ecosse, Josie Rourke propose un grand film en costume sur la reine martyre adulée en France car catholique et assassinée par La perfide Albion. Les spécialistes s’offusqueront sûrement des libertés prises avec l’histoire (il n’y eut ni confrontation physique entre les deux rivales ni amitié) en oubliant que le cinéma n’est que représentation. Et qu’il ne renseigne que sur le présent : ce plaidoyer tombe en plein Brexit, avec le Parti national écossais en charge des affaires régionales…

Jean-Marie Tixier

Président de l’association Version Originale

 

 

 

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