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Holy Motors
Français (2012) 1h50
Drame
Date de sortie : 04/07/2012 .
de Leos Carax
avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes.

SYNOPSIS :
De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille, … M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier - mais où sont les caméras? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?
COMMENTAIRE :
La citation mise en exergue du dossier de presse, donne le ton du dernier film de Leos Carax : “L'Histoire dira qu'avant ou après sa mort il se trouva en présence de Dieu et lui dit : “ Moi qui ai été tant d'hommes en vain, je voudrais n'être qu'un : moi ”. La voix du Seigneur lui répondit depuis un tourbillon : “ Moi-même, je ne suis pas un ; j'ai rêvé le monde comme tu as rêvé ton oeuvre, mon Shakespeare, et parmi les figures de mon rêve tu te trouvais, toi qui es comme moi, plusieurs et aucun.” Jorge Luis Borges - Everything and Nothing. Leos Carax : Il n'y a jamais aucune idée au départ d'un projet, aucune intention. Mais deux trois images et sentiments, que je monte ensemble. Pour Holy Motors, j'avais entre autres l'image de ces extra-longues limousines qu'on voit depuis quelques années. Je les ai croisées pour la première fois en Amérique, et maintenant à Paris dans mon quartier chaque dimanche, lors des mariages chinois. Elles sont bien de leur époque. À la fois bling bling et toc. Belles vues de l'extérieur, mais à l'intérieur on ressent une sorte de tristesse, comme dans un hôtel de passe. Quand même elles me touchent. Elles sont désuètes, telles les vieux jouets futuristes du passé. Elles marquent je crois la fin d'une époque, celle des grandes machines visibles. Très vite, ces voitures sont devenues le cœur du film, son moteur si je peux dire. Je les ai imaginées comme de longs vaisseaux qui transbahuteraient les hommes dans leurs derniers voyages, leurs derniers travaux. Le film serait alors une sorte de science-fiction, où hommes, bêtes et machines se trouveraient en voie d'extinction - “moteurs sacrés” solidaires, liés par un sort commun, esclaves d'un monde de plus en plus virtuel. Un monde d'où disparaîtraient peu à peu les machines visibles, les expériences vécues, l'action.”
 
 
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